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Acclamez les mainteneurs !

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Acclamez les mainteneurs !

7 min de lecture

Introduction

Ce document a pour objet de présenter et proposer un projet ambitieux de promotion de la maintenance, et au-delà, des activités qui peuvent être considérées comme du « maintien ».

La maintenance, lieu de tous les records [1]

Pourquoi parler de records pour un service qui fait partie des services supports et était naguère considéré comme un mal nécessaire dans l'industrie et les activités demandant de gros investissements (transports publics, réseaux d’énergie, etc.) ?

Toutes les contraintes convergent pour aboutir à ces records :

Record des besoins en compétences : quel autre service industriel nécessite des compétences à la fois sur les équipements, les technologies utilisées, les produits qui circulent et les procédés ; sur les dangers présents pour soi-même et pour les autres ; l’organisation du site, les consignes et les méthodes d’intervention ?

Record de complexité du management : quel manager voudrait diriger une équipe de techniciens autonomes (plus ou moins), revêches (souvent), compétents (mais pas partout, pas dans toutes les technologies, et jusqu’à quel niveau ?), éparpillés sur l’ensemble du site, devant être présents pendant les horaires d’ouverture et les horaires de fermeture, et suivre des objectifs de performance d’équipements qu’il n’exploite pas directement ?

Record du manque de reconnaissance : la quantité et la qualité des produits sont mesurées et suivies souvent en temps réel. C’est en temps réel que l’on sait si la production excelle, alors que les résultats d’un service de maintenance se mesurent, et au quotidien, et sur le temps long. Comment mesurer l’influence des décisions d’aujourd’hui sur le fonctionnement futur des installations ? Comment mesurer l’excellence d’un service de maintenance ? […]

Éléments de contexte

Il est plus que jamais nécessaire que les entreprises s'arment contre la hausse des prix de l'énergie et assurent leurs approvisionnements. Dans ce contexte, le service maintenance est en première ligne pour contribuer aux projets de diminution des consommations et de lutte contre les gaspillages.

Sur le plan national la « fin de l'abondance », les contraintes énergétiques et environnementales et la nécessaire relocalisation de l’industrie obligent à repenser les moyens de production et les chaines d’approvisionnement. Là aussi, le service maintenance est partie prenante.

Au-delà des technologies nécessaires pour maintenir une infrastructure, une activité ou une production, comment désormais ne pas voir la maintenance des biens, des équipements et des systèmes comme l’un des pivots qui vont permettre ces transitions ?

L’objet de cet article est d’expliquer pourquoi l’Industrie et ces autres activités doivent se diriger dans cette direction, et de proposer des voies pour que la Maintenance en devienne une partie prenante reconnue.

Technologie et innovation

il ne s’agit pas d’opposer l’innovation et les évolutions techniques à la maintenance, mais de faire connaitre et reconnaitre les enjeux que « bien maintenir » permet de satisfaire ; ainsi que l’effet de levier qu’elle représente dans tous les champs de l’économie.

Depuis quelques années, des chercheurs se demandent si l’innovation n’a pas pris la place de la technologie. Voici des extraits d’un article datant de 2015 : « L’innovation n’est qu’une petite partie de ce qui se passe avec la technologie. Les objets courants, comme le ventilateur électrique et de nombreuses pièces de l’automobile, sont pratiquement inchangés depuis un siècle ou plus. […] Malgré les fantasmes récurrents sur la fin du travail ou l’automatisation généralisée, le fait central de notre civilisation industrielle est le travail, et la majeure partie de ce travail se situe bien au-delà du domaine de l’innovation. […] Les formes de travail technologique les moins appréciées et les plus sous-évaluées sont aussi les plus courantes, pour réparer et entretenir des technologies existantes. […] Nous pouvons considérer le travail consacré à l’entretien et à la réparation comme le travail de mainteneurs, ces personnes dont le travail maintient l’existence ordinaire plutôt que d’introduire des nouveautés. En fin de compte, mettre l’accent sur la maintenance implique de remplacer des mots à la mode par des valeurs, et des moyens par des fins. »[2]

Mieux connaitre l’activité de « maintien »

Le « maintien » est peu reconnu, en particulier comme levier de performance, mais il est crucial dans de nombreuses activités de l’économie. Les métiers concernés sont très fragmentés, avec un effectif faible dans chaque organisation.

Bien maintenir permet pourtant de garantir la sécurité et la sûreté, d’améliorer le service rendu par un bien mais aussi de différer ou d’optimiser les investissements. C’est un vrai levier d’amélioration de la productivité, ayant des impacts sur l’environnement et souvent les économies d’énergie

On trouve du « maintien » dans :

►     Bien entendu et depuis toujours dans l’industrie, les services, l’énergie et les transports. Dans ces domaines, les enjeux sont non seulement liés à la productivité, mais aussi à la sécurité et la sûreté des sites et des moyens,

►     Le quotidien, le maintien en état de marche et la réparation au domicile de chacun. Quelle famille n’a pas tenté ou cherché quelqu’un capable de réparer son grille-pain ?

►     La révision et la vente de 2nde main, activité en forte progression, qui suppose des savoir-faire spécifiques de remise en état d’objets souvent haut de gamme (pour le moment),

►     La conception « réparable » d’objets, y compris pour des matériels innovants, comme certains smartphones,

►     Mais aussi l’entretien, au sens du maintien de la propreté de locaux,

►     La médecine peut-elle être assimilée à ce type d’activité, dans la mesure où elle contribue à notre « maintien » en bonne santé ?


 

Une grande enquête

Les enjeux du maintien

Une maintenance performante crée de la valeur. Or cette activité de « maintien » est peu connue et encore moins reconnue. Il nous parait nécessaire de réaliser une enquête économique approfondie pour mieux connaitre les enjeux économiques du « maintien » en France, quels sont les couts connus de ce « maintien » et les gains qu’il permet.

Cette enquête serait précédée de contacts auprès d’institutions (pouvoirs publics, fédérations, etc.) pour promouvoir les métiers du « maintien » et rechercher des financements. Au même moment aurait lieu une information diffusée dans les revues spécialisées, réseaux sociaux et autres canaux.

Les besoins du maintien

Il est nécessaire d’entrer dans le détail, et d’enquêter pour connaitre dans les organisations, leurs besoins pour assurer ces « maintiens ». Or il se trouve que le point commun à l’ensemble de ces activités de maintien est qu’elle passe par l’humain, par les « mainteneurs ». Il est donc crucial d’identifier et d’évaluer les besoins en termes de compétences et de profils, actuels et futurs.

La seule maintenance en France qui emploie 570.000 personnes en France d’après la DARES, est d’ores et déjà identifiée par elle comme un « métier en tension ».

Le maintien : activité de mainteneurs

Il est alors probable que l’étude s’orientera vers une meilleure connaissance des mainteneurs, en particulier sur les niveaux actuels des titulaires en termes de :

►     Formation initiale

►     Formation continue

►     Autodidactes

Le métier de mainteneur n’a pas uniquement lieu « outil en main ». En entrant au sein des services de maintenance et de maintien, il nous faut savoir s’ils se sentent suffisamment armés pour gérer et manager leur maintenance, ou s’ils ont besoin d’approfondissements sur :

►     Une ou plusieurs technologies ?

►     Les obligations réglementaires (habilitations, autorisations, etc.) ?

►     Les outils de maintenance (dépannages, préventif, pièces de rechange, GMAO) ?

►     La gestion de la maintenance (budget, planification, programmation, tableaux de bord)

►     Les méthodes de maintenance (fiabilité, maintenabilité, AMDEC, etc.)

►     L’externalisation de la maintenance,

►     La stratégie de maintenance, la position du service maintenance dans une organisation, le lean maintenance, etc.

La formation continue

La formation continue des acteurs du maintien est-elle suffisante actuellement, en particulier sur :

-          La formation continue à laquelle ils ont déjà recours

-          Celle qu’ils souhaiteraient recevoir

-          Celle qu’ils souhaiteraient que leurs équipes reçoivent



[1] Extrait de mon ouvrage : Maintenance, outils et méthodes DUNOD 2025

[2] Extraits d’article par Andrew Russel et Lee Vinsel - 2015

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