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Seul en maintenance : réussir son onboarding !

Seul en maintenance : réussir son onboarding !

Seul en maintenance : réussir son onboarding !

8 min de lecture

Terme à la mode chez nos amis RH, l’intégration (oui, onboarding c’est juste pour être cool) est une phase critique, même pour un technicien de maintenance.

Oublions les clichés sur Linkedin avec le beau bureau tout propre, les goodies de l’entreprise et le petit paquet de bonbons !

Car nous avons tous connu cela : le premier jour, la cérémonie d’accueil est constituée d’une simple présentation de l’atelier, des vestiaires et de la salle de pause, d’un speech sécurité et bien souvent, d’un baptême du feu sur une machine déjà en panne.

Et ensuite… rien ! Le technicien est tel un parachutiste largué sur l’inconnu.

 

Vous allez bientôt intégrer une PME en tant qu’unique technicien ? Vous êtes patron d’une PME et après des mois de recherches, vous tenez à garder votre technicien ? Alors cet article est sans doute pour vous.

 

POUR LES TECHNICIENS

1/ La semaine prise en main et mise en place

Cela peut paraître paradoxal et contreproductif. Vous êtes attendus depuis des mois et des mois. La production a mille problématiques qu’elle souhaite voir régler dans l’instant T et la direction espère un retour sur investissement rapide.

Oui mais voilà… Vous débarquez dans un environnement nouveau, avec des outils que vous n’avez jamais acheté, une servante jamais rangé selon votre méthode, un stock avec système de rangement qui vous échappe… Espérer un démarrage rapide dans ces conditions relève presque de la naïveté.

Cette première semaine, qu’elle se fasse avec des créneaux immersion dans d’autres services ou pas, est cruciale et doit faire l’objet d’un inventaire mental.

Videz intégralement bureau et servante. Etalez tout sur l’établi et commencez le tri et le nettoyage. Rien de tel pour vous appropriez votre outil principal ! Ensuite, rangez à VOTRE façon. Pour le mental, retrouvez quelques petites marques (rangement de la servante, tri des documents…) joue énormément.

Une fois l’outillage réglé, vous pouvez passer au magasin et à l’atelier en lui-même. C’est chronophage mais indispensable. Et une fois encore, appliquez la méthode du déballage/tri/classement/rangement.

Même si vous ne connaissez pas encore les machines et les procédés, au moins l’atelier devient VOTRE sanctuaire.

 

2/LES IMMERSIONS

De plus en plus souvent, l’entreprise vous prévoit une semaine ou deux d’intégration dans différents services.

A mon sens, c’est une bonne idée mais trop souvent, cette dernière sert à « meubler » plutôt qu’à vraiment former.

Prévoir deux heures ou plus pour voir ce que font les commerciaux ou la comptable, ce n’est pas vraiment pertinent… D’autant que dans la majorité des cas, la réciproque n’est pas vraie ! Il est rare qu’un nouveau commercial fasse une immersion d’une heure avec vous…

En revanche, profitez des immersions « atelier » pour vous familiarisez avec les processus, les flux, le fonctionnement des machines, l’organisation de la production…

Le piège est de rester passif et simple spectateur. Dans certaines entreprises, la directive est de faire faire au technicien le même travail que l’opérateur afin qu’il se rende compte de l’ampleur de la tâche. Grossière erreur que de vous pliez bêtement!

Mettez vous à la place d’un auditeur. Préparez vos questions sur une carnet ou une planchette et posez les à votre interlocuteur. Vos questions doivent avoir un rapport avec votre propre activité.

3/ VOTRE PLANNING

Durant ces premiers temps, n’hésitez pas à vous instaurer des objectifs claires et atteignables. Par exemple : Semaine 1 = inventaire et mise en place. Mois 1 = prise en main complète de la GMAO, connaissance des machines. Trimestre 1 = maîtrise des dépannages courants et préventifs réguliers.

Cela restera à votre discrétion quant à l’articulation mais ce genre de micro-objectifs vont vous permettre d’y voir plus clair et ce, dès le début.

Inutile de vous noyez au milieu de toutes les informations dès la première semaine. Au deuxième jour, ne commencez pas à vous dire ce qu’il faut faire sur un préventif de niveau 4 alors que vous n’avez encore aucune idée des outils à votre disposition.

 

POUR L’ENTREPRISE

 

1/ UN POSTE PRÊT

Quand vous accueillez un nouveau commercial, une nouvelle secrétaire, un apprenti en marketing… son accueil est toujours soigné. Bureau déjà prêt avec les identifiants et différents logins, la petite gourde floquée du logo d’entreprise, la doudoune sans manches en uniforme et même les sucreries.

Pourquoi ne pas adapter et faire la même pour votre technicien ? Cela ne prend pas beaucoup plus de temps et il ne faut pas être du métier pour savoir le faire.

Un atelier propre, une servante complète, des logins déjà prêts… Il ne faut pas grand-chose.

L’erreur serait de vous dire : nous l’attendons depuis tellement longtemps, pas de temps à perdre avec l’accueil, on veut qu’il répare la machine en panne !

Hé bien… Non !

Un technicien n’est pas un faiseur de miracle. Il est comme tout le monde. Les profils parachutistes de la maintenance, qui savent travailler dans le chaos, sont l’exception et la majorité d’entre nous veulent avoir le sentiment d’être pris au sérieux. Et cela commence évidemment par l’accueil réservé.

Laisser une servante quasi vide, un atelier sans dessus dessous, pas de logins prêts et vous augmentez drastiquement vos chances que le technicien n’aille pas au bout de sa période d’essai.

Connaissant la tension du marché, ce serait regrettable de devoir tout recommencer à zéro, perdre des mois en recherche juste pour avoir négligé… quelques instants pour s’assurer que tout est prêt.

 

2/LE CADRE

Mettez vous à la place de votre futur technicien. Vous débarquez dans une entreprise nouvelle, avec des machines pas forcément connues, un atelier à s’approprier, une GMAO à prendre en main…

Alors si ce dernier doit deviner ses propres objectifs ou définir à votre place votre politique en matière de maintenance, vous êtes assurés de son départ prochain.

Rares sont les êtres humains capables de gérer autant à la fois sans avoir un minimum d’objectifs !

Une politique de maintenance de 200 pages avec tableaux et histogrammes n’est pas nécessaire. Mais il n’y a rien de pire pour un employé que de devoir deviner son travail et trouver face à soi une direction qui ne sait pas ce qu’elle veut.

Le cadre, c’est donc une volonté affichée, des objectifs clairs et une alchimie (certes complexe) entre ce que l’on veut, ce que l’on peut financer et ce que l’on peut obtenir.

 

 

3/ LE SUIVI

Votre technicien est là et il commence déjà à se mettre au travail. Formidable ! Vous vous dites que vous allez pouvoir respirer et enfin penser à autre chose.

Autre grosse erreur que l’on observe durant les premiers temps et même au-delà : confondre autonomie du technicien avec indépendance totale !

La maintenance, ce n’est surtout pas un système figé dans le temps et dans une norme. C’est un métier qui bouge sans cesse et qui évolue en permanence. Réfléchir à une politique et l’éditer ne suffit pas. Grâce aux retours du terrain, il faut la faire vivre, la repenser régulièrement.

Suivre la maintenance est donc indispensable, au même titre que suivre les chiffres de ventes, les rapports de production…

Et quand nous parlons de suivre la maintenance, ce n’est pas avoir les yeux rivés sur la GMAO. C’est inviter le technicien à partager ses difficultés, communiquer sur ses réussites (car le paradoxe est que plus elles sont nombreuses, plus il est invisible), et l’inclure dans les réunions de production, d’amélioration…

 

4/ LES IMMERSIONS

Nous l’avons abordé du point de vue du technicien, il est donc normal de l’aborder côté direction.

Prévoir des séances d’immersion au sein des autres services est une excellente idée. Le technicien va ainsi avoir le temps de s’approprier un process, un type de machine ou de secteur dans un temps bloqué où il ne sera pas sollicité.

Toutefois, au vue de certaines dérives constatées, il convient d’avoir un regard critique et de rester purement pragmatique. Ainsi, quel est l’intérêt (autre que la pure curiosité) de prévoir 2 heures d’immersion du technicien… avec les commerciaux ? Ou prévoir 4 heures en production juste pour faire exactement le même travail qu’un opérateur sans qu’on lui explique le fonctionnement de la machine ?

Nous l’avons vu : en PME, le temps est le bien le plus précieux. Alors inutile de le gâcher, surtout pour les premiers jours qui sont un moment charnière. C’est là que la personne embauchée se fait une idée de ce qui l’attend et qu’elle se pose la question fatidique : « Est-ce que c’est vraiment fait pour moi ? »

 

L’onboarding pour un technicien ne se gère pas et ne se vit pas de la même manière que pour un profil plus orienté bureau. Mais il est tout aussi crucial de bien le préparer, d’un côté comme de l’autre.

Rater cela, c’est perdre une nouvelle fois du temps et évidemment de l’argent.

En moyenne, les cabinets de recrutements et autres chasseurs de têtes demande 15 à 25% du montant brut annuel signé dès lors que le candidat a validé sa période d’essai. Pour un salaire de 30k€, cela représente une facture de 4500€ à 7500€.

Si vous subissez un turnover important, c’est une véritable hémorragie financière !

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